Les 10 questions que tout le monde se pose sur les psys sans jamais demander. 

  • Non. Bien au contraire. C’est plutôt signe d’une bonne santé mentale de chercher à mieux se connaître et se remettre en question.

  • Etymologiquement, la psychologie signifie la science de l’âme (psyché), la  Clinique  signifie être au chevet du patient.
    La psychologie clinique désigne le courant de la psychologie qui accompagne le patient, est à son chevet, sur les chemins de l’introspection afin de trouver les origines de sa souffrance.
    Elle sert à travailler sur soi, sur son histoire et à mettre du sens dans sa vie par une meilleure connaissance de son inconscient.

  • En avez-vous envie ? 

    S’engager dans un travail psychique n’est pas un acte anodin, et il ne peut porter ses fruits que s’il est motivé par le désir du patient. 

    De fait, nous sommes tous amenés un jour à nous interroger sur nous-même au cours de notre vie. Se faire accompagner par un professionnel dans cette démarche n’est pas obligatoire, mais peut grandement faciliter le travail. La prise en charge psychologique permet de prendre du recul sur une situation, de verbaliser une émotion ou un vécu, pour mieux les comprendre dans un espace sécurisé.

    Pour vous guider dans votre réflexion, voici quelques questions que vous pouvez vous poser en préambule. 

    • Vous répétez vos erreurs sans parvenir à sortir de vos schémas ? Vous vous enfermez dans des situations malsaines qui vous blessent ?
    • Vous n’êtes pas sûr de vous ? Vous hésitez face à un choix? Vous n’osez pas affirmer vos envies et vos points de vue ?
    • Vous souhaitez mieux vous connaitre ?
    • Vous vivez une situation de stress dans votre emploi ? Dans votre couple ?
    • Vous êtes à un moment clef de votre vie et avez besoin d’accompagnement dans la prise d’une décision ?
    • Vous traversez un bouleversement important ? Une grossesse ? La perte d’un emploi? Un deuil ? 

    Du coup, quand dois-je consulter ? 

    Tout simplement lorsque la situation dans laquelle vous vous trouvez ne vous convient pas ou que vos interrogations sur vous mêmes ne trouvent pas de réponses satisfaisantes.

  • Psychiatre ou psychologue ?

    Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la santé mentale. Il diagnostique, traite et tente de prévenir la souffrance psychique et les maladies mentales. Il peut, pour cela, prescrire des médicaments ou avoir recours à d’autres techniques thérapeutiques basées sur la parole. Il est remboursé par la sécurité sociale et est soumis à l’ordre des médecins.
    Le psychologue est titulaire d’un master professionnel en psychologie. Cette discipline rassemble un grand nombre de champs d’action mais nous pourrions résumer le psychologue comme étant un professionnel du fonctionnement psychique, qu’il s’agisse des psychopathologies, de la personnalité et ou même des relations interpersonnelles. De fait, son travail varie beaucoup selon sa spécialité. Le psychologue clinicien est celui qui se confond le plus avec un psychiatre. La différence essentielle tient dans la prescription médicamenteuse  Le psychologue ne peut pas faire d’ordonnance et n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

    —> Consulter un psychologue

    Le cas des psychothérapeutes 

    Le psychothérapeute est, par définition, celui qui propose une thérapie par le psychisme. Pendant longtemps, la législation n’a posé aucune limite au travail thérapeutique via l’esprit, aucune contrainte, ce qui s’est avéré problématique puisqu’il suffisait d’avoir vaguement suivi un séminaire de 3 jours dans un chalet en suisse pour se proclamer psychothérapeute et installer sa plaque en plein centre ville. La loi Accoyer (votée en 2004 mais mise en application en 2010) est venue normer les pratiques.
    Depuis, sont considérés comme psychothérapeutes:

    • les psychiatres qui sont entièrement dispensés de formation complémentaire,
    • les médecins non psychiatres qui doivent justifier de certains modules de cours et de stages,
    • les psychologues,
    • les psychanalystes qui doivent justifier de certains modules de cours et de stages.

    Dans tous les cas, il faut être inscrit sur une liste ADELI des psychothérapeutes. L’inscription nécessitera d’apporter la preuve des stages et cours.
    Malheureusement, cette nouvelle façon d’envisager le titre de de psychothérapeute n’est pas toujours respectée et des professionnels sans formation continuent d’exercer. Pour cette raison, assurez-vous que le thérapeute qui est face à vous possède soit un diplôme de psychiatrie, soit un diplôme de psychologie. Ces diplômes ne garantissent pas de la qualité professionnelle dudit thérapeute, mais assurent un socle minimal de formation et de stage.

    Qu’en est-il du psychanalyste?

    La psychanalyse est une technique psycho-thérapeutique, au même titre que les méthodes cognito-comportementales ou systémiques. Cette technique repose sur l’analyse du discours et suppose un cadre précis (le divan, l’association libre etc…) pour pouvoir être pratiquée. De fait, le psychanalyste est un psychothérapeute qui choisit d’utiliser un référentiel analyste pour travailler. Un psychanalyste peut donc être un médecin (psychiatre le plus souvent), un psychologue ou encore un simple psychothérapeute. À la différence d’un thérapeute cognitivo-comportemental par exemple, le savoir théorique ne suffit pas, et le psychanalyste doit avoir lui même expérimenté l’analyse avant d’être jugé apte à pratiquer l’analyse par les membres de son école théorique.

  • La première des étapes est de choisir son psy. Cette étape est cruciale pour le bon déroulé de la thérapie à venir, et il ne faut pas hésiter à consulter plusieurs professionnels pour trouver celui qui vous correspond, avec qui vous êtes à l’aise, et qui utilise des outils qui vous conviennent.

    Plusieurs choix s’offrent à vous.

    Le psy en ville : Il vous reçoit sur rendez-vous dans son cabinet et travaille le plus souvent seul. Il est libre de fixer ses tarifs et n’est pas remboursé par la sécurité sociale.

    Le psy en CMP (centre médico psychologique): Il travaille en équipe au sein d’une institution rattachée à un hôpital de référence. Ses consultations sont gratuites pour le patient. 

    Le psy en institution : Plusieurs institutions, publiques ou privées, proposent des consultations, qui peuvent être gratuites ou payantes, selon les conventions.

    Le psy en ligne : Il travaille de la même façon que le psy en ville, à la différence près que les consultations ont lieu en ligne, par Skype ou par téléphone. 

    La première séance est primordiale puisqu’elle va vous permettre de faire connaissance avec votre psychologue, de lui expliciter votre demande, et de lui poser toutes vos questions. De son côté, il s’agira, pour le professionnel, de vous exposer son cadre de travail, ses référentiels théoriques, ainsi que sa méthodologie. 

    Chaque psychologue est libre de déterminer le rythme des séances, la durée de celles-ci et leur tarif. Outre certaines thérapies comportementales précises, il est difficile de s’engager sur une durée maximale de prise en charge mais il est important de rappeler qu’un patient est libre de mettre un terme (ou une pause) à son travail lorsqu’il le souhaite.

  • Le recours aux thérapies en ligne est de plus en plus courant. En ce qui me concerne, ce sont les patients qui m’y ont conduite. Installée depuis 2008 en libéral, j’ai régulièrement été confrontée à des patients pour qui la régularité des séances était compromise par leurs engagements professionnels et/ou personnel. C’est ainsi que j’ai développé ma pratique en ligne, via Skype ou le téléphone, permettant à ceux qui le souhaitaient de poursuivre leur travail psychique lorsqu’ils étaient à l’étranger par exemple. 

    Ce cadre de travail présente certains avantages mais aussi certaines limites qu’il convient de ne pas négliger. 

    Les avantages : 

    • Le confort : Sur bien des aspects, le recours à la thérapie en ligne est plus confortable. Elle est particulièrement recommandée aux personnes travaillant énormément qui souhaitent gagner du temps en ne se déplaçant pas, ainsi qu’à celles ne pouvant se déplacer. Elle s’adresse également aux français vivant à l’étranger qui souhaitent entamer un travail psychique en français ou aux personnes dont la vie professionnelle implique de fréquents voyages. De façon plus large, elle convient à toute personne pour laquelle il est difficile de trouver du temps, entre la vie de famille et la vie professionnelle. 
    • Rompre l’isolement : Nombre de patients s’interdisent l’accès à la thérapie parce qu’ils sont dans l’incapacité de se rendre en cabinet. Le recours aux consultations dématérialisées permet aux personnes souffrant d’un handicap, ou d’une phobie sociale ainsi qu’aux personnes isolées sans moyen de locomotion de pouvoir s’inscrire dans une démarche thérapeutique de façon autonome.
    • La discrétion et l’anonymat : Si la confidentialité est au centre du soin psychique, certains patients évoquent la crainte d’être reconnus, dans une salle d’attente par exemple. En choisissant de suivre une thérapie en ligne, vous vous assurez l’anonymat.  

    Les limites :

    • L’investissement : Si les séances en ligne sont plus confortables, elles sont aussi moins coûteuses pour le patient, avec une prise de risque moins importante. Certains patients ont besoin de « payer » leur thérapie : cela peut présenter une limite.
    • Ce type de prise en charge n’est pas adapté aux enfants et aux personnes en grande souffrance psychique.
  • Et bien ça dépend. 

    Chez les psychologues installés en libéral, les tarifs ne sont pas conventionnés. Et il n’existe pas de grille tarifaire commune à tous les professionnels. Le prix de la consultation est donc variable selon le psy, sa notoriété, la commune où il est installé et parfois même selon les patients. C’est une question que vous devez poser, en prenant rendez-vous afin de vous assurer que les tarifs pratiqués vous conviennent. 

    En institution type CMP, les consultations sont prises en charge. Certaines associations proposent aussi des consultations gratuites mais elles sont, le plus souvent, cadrées et en nombre limité. 

    Et le remboursement ? 

    Les psychologues ne sont pas considérés comme des professionnels paramédicaux. C’est peut-être un détail pour vous mais c’est ce qui garantit l’autonomie du psychologue en institution : il ne peut être contraint par le médecin-chef de service dans ses choix méthodologiques. La contrepartie de cette liberté, c’est que les séances chez le psychologue ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. 

    Cependant, la majorité des mutuelles prennent en charge un certain nombre de séances, plus ou moins important selon les contrats, soit sur présentation de factures, soit sur une base forfaitaire. Le plus simple est de vous rapprocher de votre conseiller afin de connaitre les modalités de remboursement. 

  • Dans le cadre des séances, vous n’êtes obligé à rien. Libre à vous d’apporter le contenu que vous souhaitez travailler. Et d’omettre certains évènements…

    Je vous encourage néanmoins à vous interroger sur les motifs de votre silence. Avez-vous honte ? Manquez-vous de confiance ? Trouvez-vous que l’information n’est pas pertinente ? Que le sujet est réglé ? Il est parfois nécessaire de dépasser ses propres idées reçues ou ses propres peurs, pour pouvoir avancer.

  • Vous avez le choix. S’engager dans un travail thérapeutique n’est pas une honte mais il s’agit de votre intimité psychique et cela vous appartient. Vous devez vous sentir libre d’en parler à vos proches si vous en ressentez le besoin, libre également de ne pas en parler, si vous préférez. 

  • Un bon psychologue ne convient pas à tout le monde. Il faut parfois rencontrer deux ou trois thérapeutes avant d’entamer vraiment un suivi. Les méthodes sont diverses, les modes de communication aussi… et tous les professionnels ne peuvent pas vous convenir.

    Si lors des premières séances vous ne vous sentez pas à l’aise, pas en confiance, c’est que vous n’êtes pas au bon endroit. Cela ne veut pas dire que le psy n’est pas bon… juste qu’il ne vous convient pas.

    Plusieurs remarques:

    • La première séance peut être déstabilisante et je vous encourage à attendre au moins trois séances pour vous positionner. Si au delà de la troisième séance vous continuez à ne pas vous sentir à l’aise, ne cherchez pas plus loin. 
    • Il est possible qu’au cours de la thérapie, vous sentiez émerger certaines émotions négatives à l’égard de votre psychologue, comme la colère ou la déception. N’hésitez pas à aborder ces émotions au cours des séances, vous pourrez ainsi les travailler avec votre psychologue, et comprendre pourquoi elles émergent à ce moment précis de votre thérapie.
    • Quel que soit le courant théorique dans lequel s’inscrit votre psychologue, il se doit de respecter le code de déontologie et le cadre légal. Un manquement à la loi est une raison suffisante pour mettre fin au suivi.